Le danger de la lumière bleue

La lumière bleue fait de plus en plus parler d’elle car elle est émise par les écrans omniprésents au quotidien. Y sommes-nous vraiment de plus en plus exposés ? La lumière bleue représente-t-elle un réel danger pour les yeux ? Faut-il s’équiper de lunettes anti lumière bleue quand on utilise beaucoup les écrans ? Réponses de spécialistes.

Sommaire

  1. La lumière bleue, qu’est-ce que c’est ?
  2. La lumière bleue, dangereuse pour les yeux
  3. L’efficacité des lunettes anti-lumière bleue
  4. Lunettes anti-lumière bleue : qui est concerné ?
2 | La lumière bleue, dangereuse pour les yeux

Une partie de la lumière spectrale peut être dangereuse pour notre rétine. Pour se protéger d’une partie de la lumière émise par nos écrans, des lunettes anti « lumière bleue » ont vu le jour. En quoi sont-elles utiles ?

La lumière bleue, qu’est-ce que c’est ?

La lumière bleue est une partie du spectre de la lumière, dont les longueurs d’onde se situent entre 380 et 500 nanomètres. Elle est émise par le soleil, mais aussi par les sources lumineuses artificielles : ampoules LED et écrans (tablettes, télévisions, ordinateurs, smartphones).

La lumière bleue potentiellement dangereuse représente une petite partie seulement de l’ensemble de la lumière bleue existante : ce sont les longueurs d’onde bleu-violet. « Le spectre de la lumière du jour ou de la lumière artificielle comprend des bandes de couleur. Parmi elles, du bleu turquoise, lumière bonne pour le moral, et puis du bleu-violet, lumière à laquelle nous sommes de plus en plus exposés », explique le Dr Petra Kunze, ophtalmologiste à Paris.

En effet, l’énergie qui atteint la rétine dans le cas de la lumière bleu-violet est plus forte que dans le cas de la lumière bleu turquoise. Les écrans tout particulièrement diffusent des pics de lumière bleue appelée lumière à Haute Energie Visible (ou HEV).

infographie

En 2014, les Français ont passé en moyenne 6 heures devant un écran. On estime qu’un enfant né en 2015 aura passé à l’âge de 7 ans l’équivalent d’une année pleine, jour et nuit, à scruter un écran. « En plus de cela, la couche d’ozone ne joue plus autant son rôle de filtre solaire », rappelle le Dr Kunze.

Nous voilà donc surexposés à cette lumière bleue, et cela dès le plus jeune âge. Cela n’est pas sans conséquences pour nos yeux. D’autant plus chez les enfants en dessous de 14 ans, dont le cristallin de l’œil ne filtre pas aussi bien et pour qui cette lumière bleue s’avère encore plus nocive.

La lumière bleue, dangereuse pour les yeux

« Il a été démontré sur un modèle in vitro de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) que la longueur d’onde la plus toxique pour les cellules rétiniennes est située autour de 415-455 nanomètres », explique le Pr Serge Picaud, neurobiologiste et directeur Inserm à l’Institut de la Vision1. Cette zone phototoxique correspond bien à une lumière bleu-violet dans le spectre de l’arc en ciel.

Des recherches scientifiques ont conclu qu’une exposition prolongée au rayonnement de lumière bleue ou lumière HEV artificielle provoquait des lésions photochimiques de la rétine et du cristallin. « Plusieurs études épidémiologiques ont démontré que cette lumière bleue était bien un facteur de risque de la DMLA« , rappelle le Pr Serge Picaud. 2,3 L’implication de la lumière bleue dans le développement de la cataracte est également suspectée.

Cependant, la lumière bleue peut aussi avoir des effets bénéfiques. Elle aide à nos rythmes circadiens (l’alternance veille/sommeil) et notre humeur. Cette fois-ci, c’est la lumière bleue turquoise (vers 490 nm) qui permet de recaler nos rythmes lors d’un décalage horaire. Cette dernière régule la production de mélatonine, notre « hormone du sommeil ». 4

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